Bruits et couleurs du son

Vendredi 27 juin 2008, par Maxfilm Europa // Technique audio

Le bruit rose est un signal aléatoire dont la densité spectrale de puissance décroît de 3 dB par octave. Sa densité spectrale de puissance tend donc vers l’infini pour les basses fréquences et vers zéro pour les hautes fréquences ; en conséquence, le niveau restera constant sur la plage de fréquences de n’importe quelle octave. Ce signal se rapproche plus de la sensibilité de l’oreille que le bruit blanc. Pour cette raison, le bruit rose est donc souvent utilisé dans l’univers audible pour calculer la réponse fréquentielle d’une chaîne de reproduction sonore. Il peut être aussi utilisé pour mesurer les caractéristiques des transducteurs électroacoustiques (microphone, haut-parleur, enceintes). Il sert également dans l’acoustique des salles et l’acoustique du bâtiment. Par exemple, un bruit rose est émis dans une salle via un haut-parleur et un microphone, situé dans la salle, enregistre le signal reçu. Le spectre mesuré permet de connaître les fréquences atténuées et de les corriger via un égaliseur.Dans le bâtiment, la mesure in situ d’un isolement se fait par comparaison entre un bruit rose d’émission et le bruit mesuré dans la pièce de réception.

Un bruit blanc est une réalisation d’un processus aléatoire dans lequel la densité spectrale de puissance est la même pour toutes les fréquences. On parle souvent de bruit blanc gaussien, il s’agit d’un bruit blanc qui suit une loi normale de moyenne et variance données. En synthèse et traitement du son, on ne considère que les fréquences comprises entre 20 Hz et 20 kHz puisque l’oreille humaine n’est sensible qu’à cette bande de fréquences (la sensibilité varie toutefois selon les personnes). L’impression obtenue est celle d’un souffle. Le son produit lors de l’effet de « neige » sur un téléviseur déréglé est un bon exemple de bruit blanc.

L’effet Larsen est un phénomène physique de rétroaction acoustique découvert par le physicien danois Søren Larsen. Cet effet se produit notamment lorsque l’émetteur amplifié (ex : haut-parleur) et le récepteur (exemple : microphone) d’un système audio sont placés à proximité l’un de l’autre. Le son émis par l’émetteur est capté par le récepteur qui le retransmet amplifié à l’émetteur. Cette boucle produit un signal auto ondulatoire qui augmente progressivement en fréquence et en intensité jusqu’à atteindre les limites du matériel utilisé, avec le risque de l’endommager ou même de le détruire. Ce phénomène est particulièrement fréquent dans tout système de sonorisation (conférence, concert, téléphone avec haut-parleur, prothèse auditive) et produit un sifflement très aigu. La fréquence du son résultant dépend des fréquences de résonance des composants électriques et électroniques du système audio, de la distance séparant émetteur et récepteur, des propriétés acoustiques du lieu d’écoute et du caractère directionnel du récepteur. Il peut aussi donner un son ondulatoire dans un système où l’émetteur et le récepteur introduisent un délai entre le moment où le son est perçu et le moment où le son est émis (par exemple, deux téléphones en communication et proches).

Dans les années 1960, les guitaristes électriques du rock (en particulier Jimi Hendrix) cherchèrent à exploiter ce phénomène auparavant considéré comme nuisible pour élargir la palette de leurs effets. Ils rapprochent alors volontairement les micros de leur guitare de l’ampli afin de lui arracher de sons stridents qu’ils tentent de moduler.

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